Culture·pêle-mêle

4 films de … Kore-Eda

4-films-de-kore-eda

Il y a parfois des réalisateurs qui, sans même que l’on connaisse le sujet de leur prochain film, nous attirent instantanément vers les salles de cinéma. Je souhaite vous en présenter l’un d’eux aujourd’hui : Hirokazu Kore-Eda.

Réalisateur japonais né dans les années 60, sa filmographie compte déjà un peu plus d’une dizaine de films et six d’entre eux ont été sélectionnés à Cannes.

Traitant de sujets dont je raffole tout particulièrement tels que la famille, l’enfance ou encore le deuil, Kore-Eda s’est vite inscrit dans la liste de mes réalisateurs favoris. Le rythme tranquille du scénario et la direction d’acteur nous laisse nous insérer dans le quotidien fragmenté de personnages terriblement humains, aux caractères forts et délicats, peu prévisibles dans leurs réactions et confrontés aux tragédies de la réalité (l’abandon, le deuil, etc).
Le jeu des plus jeunes est d’une justesse époustouflante. Jamais brimés dans de simples seconds rôles sans importance, ni impact réel sur les événements, les enfants sont au cœur même de l’histoire. Chacun des personnages s’emplie d’un caractère qui lui est propre, parfois candide, parfois déterminé, perdu, curieux, timide, fort, etc.

J’ai décidé de vous présenter 4 films de Kore-Eda qui ont réellement retenu mon intention et qui, je pense, sont de bonnes bases pour entamer la découverte de ce cinéma.

After Life par Hirozaku Kore-Eda (1999)

« Dans un endroit mystérieux, les morts doivent mettre en scène un film revenant sur le temps le plus fort de leur vie passée. »

Ici, le seul film (à ma connaissance) s’inscrivant dans le registre du fantastique pour Kore-Eda ; tourné à la manière d’un documentaire. Le spectateur s’introduit le temps d’une semaine, dans une étrange « auberge » accueillant les morts. Chacun d’eux doit sélectionner un souvenir et un seul dont il se souviendra à jamais dans les limbes. Suite à ça, ce souvenir sera rejoué et filmé par et pour les défunts. Une véritable réflexion sur le sens que l’on donne à nos vies, illustrée magistralement par des plans doux et un grain d’image vieillie. Le long-métrage s’avère également être une mise en abîme même du cinéma, astucieusement greffée tout au long du film à l’avancement du processus de deuil engagé par les pensionnaires.

Nobody Knows par Hirozaku Kore-Eda (2004)

« 4 enfants vivent avec leur mère à Tokyo. Ils sont tous de pères différents et ne sont jamais allés à l’école. Un jour, leur mère disparaît. »

L’enfance dans toute sa force et sa volonté de se hisser au rang d’adulte. Comme dit précédemment, le jeu d’acteur des 4 personnages principaux est un régal. Le besoin de savoir comment ces enfants vont réussir ou non à survivre dans leur choix d’indépendance se fait toujours plus pressant au fil des minutes qui passent.

Still Walking par Hirozaku Kore-Eda (2008)

« Yokohama. Une famille se retrouve pour commémorer la mort tragique du frère aîné, décédé 15 ans plus tôt en tentant de sauver un enfant de la noyade. »

Au cours de ces deux dernières années, je me suis tout particulièrement intéressée au thème de la famille. La découverte de ce film fut l’un des résultats de cette recherche des plus satisfaisants. Relation complexe à la figure paternelle, recherche d’identité, acceptation au sein d’une famille, deuil et fantômes du passé, tout autant de sujets qui, assemblés comme l’a su le faire Kore-Eda, entrent en parfaite résonance, se répondent et offrent un tableau ou plutôt une photo de famille proche de la réalité.

Tel père, tel fils par Hirozaku Kore-Eda (2013)

« Un père apprend que son enfant de 6 ans n’est pas celui conçu avec sa femme. Vont-ils le garder ou rechercheront-ils leur enfant biologique ? »

Bouleversante situation digne des plus grandes tragédies, Kore-Eda nous amène, tout au long du film, à questionner l’essence même de la famille. Fruit du sang ou souvenirs vécus et attachement, comment faire pencher la balance et décider du sort des enfants ? Une oeuvre complète qui ne laisse pas de marbre.

J’espère sincèrement avoir su vous donner envie de vous jeter sur la filmographie de Kore-Eda. Au passage, je vous conseille de découvrir : Air Doll (2009), I wish, nos voeux secrets (2011), Notre petite soeur (2015) et Après la tempête (2017) du même réalisateur et dont j’aurais aimé vous parler également. Pour ma part, je me jetterai dès que possible sur Maborosi (1995), Distance (2001), Hana (2006) et Sando-me no satsujin (2017).

A la revoyure.

Lo

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s